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kaléidoscope littéraire #6

mai 2020

 
 

kaléidoscope littéraire #6

mai 2020

Pour garder le contact en cette étrange période de confinement, Clara Le Picard autrice et metteuse en scène de la Compagnie à table - en longue résidence au Théâtre Joliette - vous propose un Kaléidoscope littéraire : des temps d'écriture réguliers à retrouver sur Facebook et sur le site du Théâtre.

« Rendez-vous un jour sur deux pour écrire sur ce que nous sommes en train de vivre, des petites consignes d’écriture faciles pour en une semaine écrire un instantané subjectif de la situation, un polaroid écrit. Je vous donne rendez-vous le lundi, mercredi et vendredi sur l'événement Facebook et sur le site du Théâtre Joliette et ensemble, constituons un témoignage kaléidoscopique de cette situation inédite. » Clara Le Picard

 

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CONSIGNES D'ÉCRITURE

Seizième rencontre - lundi 27 avril
« Sans moi »

Dix-septième rencontre - mercredi 29 avril
« Malgré moi »

Dix-huitième rencontre - vendredi 1er mai
« Chez moi ou »

 

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QUELQUES TEXTES

 

Sans moi 
Pas d’histoire [je me lève en silence] ………………………………………………………
……………………………………………………………………………
…………………………………………..
Je rigole, 
Je reviens,
Puis je repars….
………………………………………………Me revoici !
……………………………………………………………
Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz ( <--petite sieste au passage)
BUzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz. 
Hi han hi han. 
Bé, bê, bé. 
Coin-coin coin-coin 
Tagada…
Flip-flap la girafe….
Hou-hou…………
Bê, Aouahou chat chat, 
Plof, Pouf, Paf ! …..
Cocorico cocoricochon…
Crac cric crac cric croc cracotte…..
Clap….Glouglou….Pschittttt !!!! Fsshh & chips
……………………………
Aaaaah (<--- réveil de ma sieste et levage de bras pour s’étirer et faciliter le Aaaaaah)
- Sans moi ? Pas d’histoire ? Qui vous a dit ça ?
- Ben vous !
- La blagounette du lundi matin, badin badin :-)
Jérémy Y.

 

Sans moi, merci, l’avidité d’argent et la course à l’échalote...
Sans moi, merci, les fraises à Noël poussées hors sol...
Sans moi, merci, les poulets élevés en batterie...
Sans moi, merci, les saumons d’élevage qui se bouffent entre eux..
Sans moi, merci, les croisières à 3000 personnes...
Sans moi, merci, les voyages sur la lune quand ma voisine de palier peut pas se payer un billet de train...
Sans moi, merci, les 4/4 pour aller acheter son pain en ville...
Sans moi, merci, les spéculations locatives qui rejettent les plus démunis hors des villes...
Sans moi, merci, les pétroliers qui dégazent en mer...
Sans moi, merci, les énergies fossiles qui permettent de consommer plus mais pas mieux...
Sans moi, merci, les politiques étrangères génératrices de conflits...
Sans moi, merci, une agriculture intensive aux pesticides sous le fallacieux prétexte de nourrir la planète...
Sans moi, merci, la mondialisation- compétition sauvage et destructrice...
Sans moi, merci, le veau qui n’est pas élevé sous sa mère...
Sans moi, merci, le plastique jeté à la mer et qui étouffe oiseaux et poissons...
Sans moi, merci, l’irrévérence, le mépris, l’individualisme forcené...
Sans moi, merci, l’oubli........
Mais force est de constater que la terre tourne..........sans moi.
Armande T.


Ce matin, je recherchais l’anagramme de « sans moi », je parle de l’anagramme parfait. Et j’ai trouvé celui-ci : MAISONS, celles où nous nous aimons, celles où l’on ne s’aime plus...

Toi et moi : 
MOI, TOI, SURMOI 
T’ES TOI OU MOI ?
REGARDE-MOI 
EN PLEIN ÉMOI 
ÉTOURDIS-MOI 

Moi : 
MIROIR, SOUVENEZ-VOUS DE MOI ?
EFFLEUREZ-MOI 
APPROCHEZ-VOUS DE MOI 
DÉVISAGEZ-MOI 
EMBELLISSEZ-MOI 
RAJEUNISSEZ-MOI 
DESHABILLEZ-MOI 
LISEZ EN MOI 

Sans moi : 
RHABILLE-TOI 
HABILLE-MOI 
RENTRE CHEZ TOI 
SANS MOI ET... OUBLIE-MOI !
Julien F.

 

Sans moi, le monde tournera.
Sans moi, il y aura peut-être de la tristesse
Mais sans moi, je serais libre
Mais sans moi, je ne souffrirais plus
J'échapperais enfin à ce trou béant qu'est ma vie, à cette inutilité permanente.
Je serais libre
On me jugera, comment a-t-elle pu faire ça ?
Mais dans un tunnel obscur où rien ne vous permet de voir la moindre lumière, le moindre espoir, quelle solution ?
Alors, comme une révélation,
La solution est là.
Sans moi.
Valérie M.

 

Sans moi, sans moi, sans moi, sans moi !!!! Ouais il serait temps que ça se fasse avec moi ! Temps pour agir, temps d'être ! Sans moi jusque-là, ouais ! Oh femme femme femme !
Véronique B.

 

Malgré moi, bien malgré moi, la mort, le deuil, l’absence et le manque.
Armande T.


Malgré moi, mon esprit s’est levé plus tard que mon corps.
Contre toutes mes attentes, mon esprit était à la traîne et mon corps a fait preuve de patience. (D’habitude, c’est le contraire.)
En dépit de ce retard, ils ont pris le temps de bavarder avec ma confiture à la cerise, avec ma purée de cacahuètes et mon café, tranquillement.
Au mépris de toute autorité « horlogiale », ils ont profité de leur confiture, ils ont savouré leur cacahuète et ils ont bu leur café tranquil-lement !
Quoiqu’avec un zeste de culpabilité, mais qui a été vite engloutie entre la 1ère gorgée de café et une tranche de pain de mie qui s’est incrustée entre-temps, tranquillllllllement !
[...]
Je les vois qui me disent, en chœur, « tranquille, Emile ! »
Malgré moi, maintenant je m’appelle Emile et je prends du temps avec mon corps, mon esprit et leurs meilleur.e.s ami.e.s.
Jérémy Y.


Malgré moi, j'ai de l'espoir, tant j'aime vivre quoiqu'il en soit.
Véronique B.


Chez moi ou ... j'allais dire chez toi ! Suis-je bête, on ne peut pas. Tu ne peux pas venir chez moi, et moi je ne peux pas venir chez toi. Même si tu habites tout près, tu n'oses pas venir chez moi, me dis-tu. Tu ne veux pas que je vienne chez toi. J'ai tant l'envie de te prendre dans mes bras. Te sentir, te regarder, t'écouter, te caresser. Mais tu as peur. Tu as peur de ce croisement des bras. Alors tu restes chez toi. Et moi, j'ai peur pour toi alors je ne viens pas. J'ai changé ma route et me suis dirigé vers une autre. La mer. Elle, ne se refuse pas à moi. Elle ne se refuse jamais. Toutefois, comme elle serait tellement heureuse de me retrouver après tant de marées, j'ai peur qu'elle me pousse très loin au large. Qu'elle m'engloutisse. Alors, à défaut d'y plonger, je l'ai seulement salué, admiré, touché du doigt et écouté. J'ai écouté. Ses vagues se cognaient, celles qui, malgré elle, me remerciaient. Un homme s'est approché de moi. Je ne l'avais jamais vu. Il dit "nous mourrons bien plus de peur que d'autres choses". Je ne sais pas. Qu'en dis-tu d'en parler chez moi ?
Rachid G.


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Si vous souhaitez participer à ce Kaléidoscope littéraire, rendez-vous tous les lundis, mercredis et vendredis à 10h 

sur l'événement Facebook : https://urlz.fr/cbwv
Si vous n'êtes pas sur Facebook, nous plublierons les consignes sur la page d'accueil du site et vous pourrez nous envoyer vos textes à l'adresse com@theatrejoliette.fr