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Kaléidoscope littéraire #3

avril 2020

 
 

Kaléidoscope littéraire #3

avril 2020

Pour garder le contact en cette étrange période de confinement, Clara Le Picard autrice et metteuse en scène de la Compagnie à table - en longue résidence au Théâtre Joliette - vous propose un Kaléidoscope littéraire : des temps d'écriture réguliers à retrouver sur Facebook et sur le site du Théâtre. 

« Rendez-vous un jour sur deux pour écrire sur ce que nous sommes en train de vivre, des petites consignes d’écriture faciles pour en une semaine écrire un instantané subjectif de la situation, un polaroid écrit. Je vous donne rendez-vous le lundi, mercredi et vendredi sur l'événement Facebook et sur le site du Théâtre Joliette et ensemble, constituons un témoignage kaléidoscopique de cette situation inédite. » Clara Le Picard

 

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CONSIGNES D'ÉCRITURE

Septième rencontre - lundi 06 avril
« Décrivez quelque chose que vous voyez en 5 phrases. »

Huitième rencontre - mercredi 08 avril 
« Décrivez un parcours de votre vie actuelle en 5 phrases. »

Neuvième rencontre - vendredi 10 avril
« Alternez une phrase de votre texte de lundi (ce que je vois) et une phrase de votre texte de mercredi (le parcours). Et pour marquer la fin de ce mois de confinement, partagez un texte de votre choix (dont vous êtes l'auteur) dans les commentaires. »

 

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QUELQUES TEXTES

Droite comme un i,
Boire l'ordinateur.
Se prend pour la Tour de Pise, mais sans visiteurs.es,
Jouer au café.
Malgré tout, toujours branchée,
Allumer mes mails.
Pas éclairée en journée,
Boire mon jeu de lettres.
Prend le relais une fois, le soleil couché.
Me réveiller.
Jérémy Y. 


Voici un ralenti que j'ai pris au pied du mot
j'ai pelé chaque lettre sans faire de grumeau
puisque vide c'est dans le nom du virus
je trie mentalement les détritus
Les mots dans ma tête je les ralentis
je fais de l'espace dans le bruit
Chaque nuit je désactive mes programmes
mes toujours mes mieux mes si et mes drames
je recommence chaque jour de vide en plus
et si les jours se rallongent c'est pas du superflu
grande est encore trop l'agitation des humeurs
rare encore le rien du bonheur
Le mot dit aussi vider-avec pour covider
les démangeaisons du faire en enchère
avec qui avec quoi, chacun qui choisi ?
avec ou sans masque ensemble chacun
confiné grippe la machine sans frein
Gilles B. 


Une marionnette squelette se balance en bas des escaliers, au coin là où les enfants entassent leurs affaires.
Je vois des casques de vélo, des sacs de sport, des sacs pour faire les courses et un haut de pyjama Batman oublié.
Le soleil se couche tard et c'est la pleine lune il n'est que 22 heures 30.
Je suis assise sur les marches de l'escalier et j'attends : mon petit garçon lutte pour trouver le sommeil qui lui joue des tours. Il a peur de s'endormir.
Sólveig S. 

 

je vois
le soleil
le ciel
& les nuages
je crois
aux étoiles
aux signes
& aux orages
mais parfois...
je ploie
sous le poids
de vérités
trop (hop!)nettes
pour être vraies

je noie alors mon chagrin
sous les larmes de la folie
flirtant entre furie & euphorie
puis...
je déploie mes plumes brunes
& reprends mon envol
sur le chemin de la ViE
& ses sentiers escarpés

ÉTERNELLE SENTINELLE
des âmes et des anges
endormi.e.s
Julie L. 


Lorsque je le regarde, comme ce matin, je me rappelle ce jour de folle liberté où tu m'as offert ce dessous de plat en porcelaine, garnies d'olives et de ses rameaux.
Des hauts et des bas, toujours des hauts et des bas.
Ce jour de folie, nous étions ces deux amis unis par ce lien fraternel inextricable, tels un père uni à son fils dans ces ruelles admirant le Luberon.
Parcours de vie assez classique du célibataire dans un pays consumériste.  
Ce dessous de plat supporte des mets chauds et lourds, et pourtant, ni fêlure, ni rayure, couleur chaude toujours aussi rayonnante.
Plus souvent, en période de confinement, des bas, même si je n'en porte pas  
Notre amitié, elle s'est rompue nette, d'un trait, et pourtant, ne portait aucune trace d'ébrèchement.
Même dans mes cauchemars les plus crus, je ne l'aurai pas cru.  
Les liens périssables ne sont pas toujours ceux que l'on croit.  
Et moi qui croyais avoir tant d'imagination ; quelle prétention, la vie en a bien plus.
Rachid G. 


 

La promenade commence en descendant les escaliers de la montée des Accoules. Le canapé est long. Je passe par la place Bargemon pour rejoindre le port. Une tenture indienne avec des fleurs roses le recouvre. Des dorades y mangent du pain flottant. Et on y manque de confort. Je regarde les mats des bateaux en avançant vers le fort Saint-Jean. Le chat aime aller se cacher dessous. La lumière est rasante, il est bientôt huit heures, encore des joggers. Au moins ne s'y affale-t-on pas à longueur de journée.
Stéphanie M. 




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Si vous souhaitez participer à ce Kaléidoscope littéraire, rendez-vous tous les lundis, mercredis et vendredis à 10h 
sur l'événement Facebook : https://urlz.fr/cbwv
Si vous n'êtes pas sur Facebook, nous plublierons les consignes sur la page d'accueil du site et vous pourrez nous envoyer vos textes à l'adresse com@theatrejoliette.fr