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Kaléidoscope littéraire #1

mars 2020

 
 

Kaléidoscope littéraire #1

mars 2020

Pour garder le contact en cette étrange période de confinement, Clara Le Picard autrice et metteuse en scène de la Compagnie à table - en longue résidence au Théâtre Joliette - vous propose un Kaléidoscope littéraire : des temps d'écriture réguliers à retrouver sur Facebook et sur le site du Théâtre. 

« Rendez-vous un jour sur deux pour écrire sur ce que nous sommes en train de vivre, des petites consignes d’écriture faciles pour en une semaine écrire un instantané subjectif de la situation, un polaroid écrit. Je vous donne rendez-vous le lundi, mercredi et vendredi sur l'événement Facebook et sur le site du Théâtre Joliette et ensemble, constituons un témoignage kaléidoscopique de cette situation inédite. » Clara Le Picard

 

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CONSIGNES D'ÉCRITURE

Première rencontre - mercredi 25 mars
« Notez en commentaire tous les mots qui vous viennent en tête à propos de cette période de confinement sans jamais répéter les mots déjà publiés par d'autres participants. Ainsi nous allons constituer une réserve de mots que nous utiliserons par la suite. Bonne écriture ! »  

 Deuxième rencontre - vendredi 27 mars
« Voici la liste de tous les mots que vous avez proposés depuis lundi. Organisez-vous pour voir toute la liste de manière lisible. Fermez les yeux, ouvrez les yeux et notez quelque part le premier mot que vous lisez. Reproduisez cette opération cinq fois et écrivez les mots sur une ligne en laissant un espace entre chaque mot.
soit XXXX......XXXX.....XXXX....XXXX....XXXX....XXXX
Reproduisez ceci dix fois. Ensuite transformez ces lignes de 6 mots en phrases en ajoutant le minimum de mots entre chaque mot de la liste, en respectant l'ordre initial des mots. Et notez votre phrase préférée. Bonne écriture ! »

Troisième rencontre - vendredi 27 mars 
« Retravaillez vos dix phrases de ce matin pour en faire un texte en restant au plus près de la pioche initiale. Vous pouvez changer ponctuellement la place d’un mot ou en supprimer un. Envoyez-nous votre texte une fois fini. »

 

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 QUELQUES TEXTES

L’ours à écouter dans un collectif de Judée est d’une tragique longueur :
Il dit abasourdi :
« La surchauffe d’alerte jaune demande une discipline pour démasquer le pangolin ! »
‪Il continue :
« Les agacements de l’échantillon choisi et l’empêchement de la Corse apportent des réflexions sur la connexion planétaire »
La soif, ennemie de la famille, suscite des agacements,
« Ne plus cuisiner avec les doigts !? ».
A côté, le contaminé tourne en rond,
« Ah ! respirer ! et voyager ! et réfléchir ! »
Tragique est l’assèchement à aimer, magique est la longueur à écouter.
On apprend aussi que le voisinage du covid 19 est très indépendant et plante des fleurs pour la prochaine fois avec un playmobil.
Nous voilà enfermés avec la fièvre, pour éviter la propagation,
mais pas la guerre.
‪Il nous faudra applaudir l’épreuve de l’inquiétude, et de la perte,
nettoyer l’incubation et
Sortir !
Aplatir la courbe de la santé publique. 
Céline R.

 

Temps confiné revient à tourner vers la fenêtre : apercevoir les consignes pour lutter contre le virus, et descendre et monter sans cesse les escaliers. Agacements pour les décrets nationaux, disputes sans vergogne d'un monde plein de merde et de cris. Ecouter ses responsabilité est une accumulation angoissante et une catastrophe pour l'ancien monde qui claque.
Bête en cage chez moi, je veux réquisitionner tous les claviers azerty dans ma grotte et stopper la connexion. Courbatures mais salaire fixe, j'ai des manquements et la planète reste ouate pour ce début du printemps. Bouton d'appel à l'hôpital ? Non, je reste à la frontière et respecte le décret. Oh Silence tu es une épreuve vers l'inconnu mais, posées là dans notre caverne nous ne pouvons renoncer.
Attente,
‪je regarde les jonquilles, c'est magique mais l'accès du jardin est fermé, je reste au couloir.
C'est le protocole.
Diplômé mais renoncer à passer de l'autre côté de la montagne auprès des soignants qui eux ne tournent pas en rond au cœur de la vague._
‪Liberté totale
mais contraints de rester chez nous,
il ne reste qu'à respirer
en pensant au pangolin.
Quelle tragédie.
India M.


Sans contact étrangeté du réseau qui s'arrête soudain
à la poignée de la porte d’entrée
comment rester chez soi quand l’infirmière est sur le front ?
9m2 pour la répétition des gestes qui sauvent
une tâche encore une tâche crie Chloé à la fenêtre
‪j’accuse ici la peur
‪l’isolement devant la confusion
dehors
l’alerte vient d’être donnée
c’est la guerre
‪l’hôpital est à son chevet
‪l’ennemi est là invisible
‪le voisin est mis à l’épreuve dans l’escalier
la fièvre monte
la vague des morts est en marche
et le ciel se voile à l’horizon
comment résister à la noyade ?
comment garder le sourire ?
comment faire école des jonquilles au balcon ?
comment lutter face à ces beaux discours ?
les bourgeons sont là silencieux
‪j’enrage
pour Chloé c’est un nénuphar au poumon
pour Claire un masque
le souffle de l’urgence avance la mort en bandoulière
‪impossible de trouver le sommeil
la bataille est à la page et le livre grand ouvert
‪une parenthèse s’ouvre dans le temps
‪j’entends le cri étouffé
de l’autre côté du mur les hésitations
‪à la frontière de la chambre
j’attends
de retrouver le sommeil de reprendre mon souffle
respirer
enfin
ouvrir
la main
et accueillir l’oiseau grave après la tempête. 
Gilbert L. 

 

A la lecture : « Fermée au pangolin. », l’escalier du temps ne fut pas ma chance.
Le temps était à la noyade, générateur de frontière. Mon incompréhension de l’expansion… Avec l’incubation, mon incompréhension. J’étais fermée. En hésitations ? Est-ce inhabituel d’être ensemble ? … A l’hôpital
d’à côté, des journalistes, des SDF, … le futur ? Non, le temps de nettoyer la fenêtre, c’était la noyade à l’horizon, d’ailleurs !
Une grotte ! Un coiffeur ! Voyager ! Une métamorphose ! De la distance ! Pas de contrôle !
Et, l’inconnu, de sa lèvre en colère, fenêtre pas très classe :
JE SUIS INDEPENDANT !
C’EST LE BIEN-ÊTRE LE COVID-19 !
L’AVENIR SANS SURCHAUFFE !
VOYAGER ETAIT EMPÊCHEMENT !
AMIS, ENFANTS : IMAGINER UN NOUVEAU « RÉFLÉCHIR » !
NON CONTAMINÉ !
LA BATAILLE SANITAIRE BASCULE PAR LA LECTURE !
LA CONTEMPLATION !
LA CONTEMPLATION DE LA CORÉE ! 
Véronique B. 


Et tandis que le monde
HURLAIT
s’affolait
s’essoufflait
suffoquait
😷😷😷
avant de
SOMBRER
dans un dernier
sursaut
de LUCiDiTÉ
sous les flots
de son chagrin
ENGORGÉ
🌊🌊🌊🌊
je me suis ouvert
les VEINES
vaines veines
&
j'ai ouvert
les VANNES
💧💧💧💧
💧💧💧💧
Depuis
le SANG
&
la CENDRE
l'EAU
&
le SEL des MOTS
n’ont jamais cessé
de ruisseler
sur la
TERRE
&
sous ma
PEAU
Julie L.


Regarde dans le sommeil la fièvre de ton ami contaminé.
La contrainte du télétravil nous claque dans l'attente d'un futur.
La colombe abimée statufiée peint une inquiétude collective.
Olivier B.


L'attente d'un horizon sans vitre incite à tourner les décisions vers un unique point.
Pour l'instant l'angoisse et la peur du futur sont posées dans un arbre pour le rassemblement de Lady Macbeth.
S'élève alors le silence de la régénération contre l'assèchement des discours sans soleil et se rapproche les sœurs.
Pendant ce temps le décret contre les écrans d'incubation de l'étrange ravive la liberté de l'Iran
pendant que les autres renoncent à la montagne de l'Italie en attendant la réanimation des consciences dans l'hôpital.
Soyons clairs : Oiseaux de notre planète veuillez restez chez vous.
C'est grave une épidémie et c'est tragique ! Sucrée et belle, l'évasion fait venir d'ailleurs la soif et taire l'isolement !
A l'arrêt, l'audible des enseignements ainsi scandés permit d'établir la connexion et de cessez le footing dans les rue sans gel.
Aussi pour conclure :
Colorées sont vos inquiétudes et vos hésitations vis à vis des voisins,
alors nettoyez les escaliers sans chavirer le long de la courbe du collectif qui souvent claque.
Gilles B.


Promiscuité applaudit la famille. Lectures au carré, réanimation connectée. L'hôpital accuse le ciel.
Alerte jaune ! Distance, tempête, santé pulique. Manquements.
Imaginer partout des jours de contemplation. À l'affût.
Changements, disputes. Neuf entraves pour aimer les bêtes sauvages.
Propagation de décrets, collectifs de courses. Dix-neuf courbatures de service. La peste en télétravail.
Le réseau respire. Inhabituelles jonquilles, privilèges, empêchements.
Manque enfermé, voisins vivants. Noyade fenêtre, silence bouton. Tous journalistes.
Léo L.


GROTTE

A l'AFFÛT de l'ANGOISSE on ne peut plus RÊVER
L'ÉPIDÉMIE répand ses BOURGEONS éclatés
Vers quel EMPECHEMENT la lecture du soir
Quelles HÉSITATIONS avant qu'il soit trop tard

L'EXPANSION s'infinise et tout RASSEMBLEMENT
par l'ÉTAT interdit comme NOYADE prend
à la gorge chacun Ma FENÊTRE sur cour
au PROPRE STRATIFIÉE est appel au secours !

SANS CONTACT ce PRINTEMPS n'est pas R'GÉNÉRATEUR
La CATASTROPHE PORTE à SANITAIRE ardeur
Ma mémoire ABIMÉE FERMÉE, le MINOTAURE
l'ENFANT ABANDONNÉ implacable dévore

C'est DE L'AUTRE CÔTE DE LA MONTAGNE d'or
qu'on peut IMAGINER la COURBE de l'effort
Sur mes CHAUSSONS d'azur je gravirai la mort
Une MÉTAMORPHOSE AZERTY de l'accord !

Point d’ENVIE d’ÉVASION quand le bonheur fourmille
Si tu PRENDS SOIN DE TOI fleuriront tes JONQUILLES
RÉSISTANCE avant tout S’OUVRIR aux partenaires
Notre esprit le premier s’élève SANITAIRE

Je sais l’OURS en CAVERNE enragé de FOOTBALL
Le VENT peut NETTOYER une INCUBATION folle
Avec cet INCONNU cet INHABITUEL
le seuil AGACEMENTS ne donne pas des ailes !

En ses RÉPÉTITIONS la poésie transige
quand l’IMPATIENCE à vivre a vibré sur sa tige
L’indicible est au coin de son ENSEIGNEMENT
Mots-cœur à RELIER, DISCIPLINE d’amants

Ô PARTAGER ce jour dans l’ACCUMULATION
Maladie SANS SOMMEIL et sans ECHANTILLON
que l’on sache traiter comme un MAL A LA TÊTE
Le COIFFEUR est absent On diffère la fête !
Françoise M.




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Si vous souhaitez participer à ce Kaléidoscope littéraire, rendez-vous tous les lundis, mercredis et vendredis à 10h 
sur l'événement Facebookhttps://urlz.fr/cbwv
Si vous n'êtes pas sur Facebook, nous plublierons les consignes sur la page d'accueil du site et vous pourrez nous envoyer vos textes à l'adresse com@theatrejoliette.fr